Bruno Lafon: le maire qui va au feu

Propos recueillis par Thomas Monnier


Bruno Lafon a été élu maire de Biganos en mars dernier pour son troisième

mandat consécutif. Interview à bâtons rompus d’un enfant du pays, ancien

pompier engagé pour l’environnement, et d’un homme d’action en quête

d’équilibre sur un Bassin densifié.


Comment avez-vous géré la crise sanitaire du covid-19 localement ?


On aurait eu un seul cas à Biganos, un employé d’Ehpad (au 31 mars NDLR).

Localement, c’est comme d’habitude

avec les associations, le bénévolat, la

générosité, des bouts de ficelles que nous nous organisons dans les villages et villes de France. J’attends depuis des jours de l’Agence Régionale de Santé des masques et des médecins pour venir contrôler les gens du voyagequi sont des personnes à risque dans notre camp de Biganos. Et personne à ce jour (31 mars NDLR) n’est venu. Nous leur avons apporté à manger vendredi soir dernier, pour leur rappeler les conduites à tenir lors du confinement.


Décidément, vous savez aller au feu ! Déjà en novembre 2018, vous étiez un des premiers maires à apporter une lettre des gilets à monsieur Macron. Quel souvenir en gardez-vous ?


J’ai pas aimé. Il n’y a jamais eu de réponse. Si à l’époque, il avait fait un simple moratoire sur le prix de l’essence, ça aurait été plus facile pour lui(…). Je lui reprocherai toujours d’avoir pris les maires de haut à cette époque-là. Il ne nous a pas écouté.En revanche, moi quand je suis allé sur les ronds-points au début, j’ai vu des hommes et des femmes de mon territoire qui m’ont surpris. Ils m’ont fait comprendre combien la situation était grave pour eux.


Pourquoi appréciez-vous tant le Bassin ?


Je chéri ce territoire parce que je suis issu d’une famille paysanne qui vit ici depuis très longtemps. Si je remonte mon arbre généalogique, ils travaillaient du temps du marquis du Château de Sertes. Il leur avait donné un terrain le plus loin possible du château, au lieu-dit Vigneault, là où je vis toujours.


Est-ce aussi le calme qui vous séduit ici ?


Oui, on peut toujours trouver un endroit où se recueillir. Mais je trouve qu’il y a une agitation de plus en plus importante. Les touristes affluent parce que la communication aujourd’hui se fait plus facilement sur Internet. Les gens ont accès aux très belles images du Bassin.


Et puis, de plus en plus de gens s’installent ici car avec le TGV pour Paris, ça devient possible de faire l’aller-retour dans la journée. Il y a donc de plus en plus de pression sociale sur notre territoire. Et comme je ne suis pas en Corée du nord, je ne peux pas empêcher les gens de vivre ici !


Quel est le projet le plus important de ces prochains mois et années en

tant que maire de Biganos ?


C’est la mobilité. Nous lutterons contre les incivilités: les gens ne respectent

pas les limitations, roulent trop vite dans les quartiers périphériques. Il faut

protéger la circulation des vélos et des piétons. Des rues vont devenir à

moitié cyclables et à moitié avec des véhicules.


Enfin monsieur le maire, avez-vous des loisirs ?



Quand j’ai un peu de temps, j’adore marcher en montagne, j’aime bien nager

et lire. J’ai une moto aussi, avec laquelle je fais des trips et des virées avec

des collègues à moi ou simplement avec ma compagne. Dès que je peux

m’échapper, je le fais…